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  La prophétie de Ben M' Hidi par  " Bruno  "

 

 

                              Le 25 février 1957 ,arrestation de Ben M'Hidi ,le numéro un du FLN à Alger et l'un des neuf chefs historiques de la révolution algérienne.

Cordes aux chevilles et menottes aux poignets, je vous fais asseoir en face de moi .Belle gueule de révolutionnaire. Vous me fixez intensément. Ce garçon me plaît d'entrée. Je vous dis :" Ben M'Hidi, donnez-moi votre parole d'honneur et je vous débarrasse de vos liens. Vous serez libre dans mon PC." Vous me rétorquez :" Ne faites jamais ça car je bondirais par la fenêtre. Je vous fais comprendre que ,si j'avais été à votre place, si j'étais algérien , j'aurais voulu mon indépendance comme vous. Mais j'ai une mission et cette mission est de maintenir l'Algérie française.J'ajoute : " Je devrais vous envoyer tout de suite à mes supérieurs, mais je vais vous garder huit jours, dix jours, peut-être un mois....." Le commandement se pose des questions : "Que fait Bigeard ? Est-il en train de retourner Ben M'Hidi ? ou bien est-ce l'inverse ? "

Vingt jours plus tard, je dois vous livrer à mon commandement.Une section emmenée par le lieutenant  Allaire vous rend les honneurs. Avant de me quitter, vous direz :" Avec vous ,j'étais en sûreté ; ou je vais, ils vont me descendre." Deux jours après , je lis dans les journaux , " Ben M'Hidi s'est pendu dans sa cellule."

Je me souviens de vos dernières paroles : Ecoutez , mon Colonel , je vous comprends  aussi. Dans huit mois, dans quinze mois, vous serez parti d'Algérie. Vous ne resterez pas ici , je peux vous l'assurer. Vous ne pourrez pas. D'ici quarante ans ou cinquante ans , on agira de même en France . On vous chassera. L'Islam doit s'étendre et nous, nous faisons quatre enfants quand vous en faites un ." Je repense à vous , Ben M'Hidi : un tempérament de chef , trop jeune et bourré d'idéal pour aller se pendre dans sa cellule. Le colonel Godard, un officier remarquable , présent durant cette bataille, écrira :

                            Dans la soirée du 4 mars , Massu ordonne de transférer Ben H'Hidi sur Maison-Carrée pour y être gardé. Le lendemain matin , j'apprends que le prisonnier s'est pendu et est mort dans l'ambulance qui le transportait à l'hopital Maillot . Dans mon for intérieur , je pense que Ben M'Hidi ne se serait pas suicidé s'il était resté chez Bigeard .

 

                              Voilà pourquoi , bien après votre mort , je m'adresse encore à vous, Ben H'Hidi . Je n'ai cessé de penser à ces quarante ou cinquante ans qui nous séparent de cette prophétie. Et je vois ces attentats des islamistes en France comme les premières manoeuvres de cette nouvelle guerre. De la guerre d'Algérie aux attentats, j'ai mal à l'Algérie et je suis inquiet pour la France. Vous, Ben M'Hidi , me disant cela, vous m'avez marqué pour la vie . Je vous revois, homme tranquille et fanatique à la fois. Comme un pionnier du FIS. Ou plutôt comme le dernier des grands combattants avant les assassins fous du GIA .

 

                                                               Pages :  118 - 119 - 120     " France réveille-toi " 1997

 

                                                                                                                                     général Bigeard